Entrevues culinaires: Katrine Paradis

Fondatrice du réputé Kiosque de limonade et de petits gâteaux de la Fondation du CHU de Sainte-Justine, Katrine Paradis a, par la suite, animé sa propre émission télévisuelle de cuisine, Un p’tit gâteau à la fois. De succès en succès, Katrine a toujours su allier le plaisir de bien manger et la gourmandise. Elle est également la cofondatrice de K pour Katrine, LA référence web québécoise pour y dénicher des recettes sans gluten et sans lactose, mais pas sans goût! Discussion culinaire fascinante avec une femme allumée qui défonce les restrictions alimentaires à grands coups de succès, Katrine Paradis!


Katrine, quelle est ta relation avec la nourriture?

Oh mon Dieu! C’est une bonne question ça! Je dirais que la nourriture, c’est une source de grand plaisir dans ma vie. Je dis souvent que si je n’avais pas ça, ma vie serait complètement différente. Je dirais que c’est dans le top 5 des sources de bonheur de ma vie.

Et cette relation que tu as, est-ce que c’est ce qui t’a inspiré pour créer K pour Katrine?

Oui, il y a une grosse partie que c’est à cause de ça, parce que dans K pour Katrine, on voulait des recettes gourmandes. Mais l’autre partie qui m’a inspirée, c’était de faire des recettes pour les gens qui ont des intolérances alimentaires ou des allergies. Donc, j’ai deux sources d’inspiration. De un, il faut que ce soit gourmand, parce que je suis tellement gourmande et je veux que ça goûte bon malgré les sans! Les sans m’ont challengé à faire de la bouffe qui goûte bon, malgré le fait qu’on ne pouvait pas manger du gluten, des produits laitiers, des oeufs, des noix… Moi, dans tous les sans, il ne fallait pas qu’il y ait de compromis sur le goût. 

Et comment ça a commencé?

Avant de faire K pour Katrine, j’avais une émission à Canal Vie qui s’appelait Un p’tit gâteau à la fois. J’avais commencé à arrêter de manger du gluten, parce que j’avais des problèmes d’inflammation. J’avais tout essayé, sauf éliminer le gluten. Et là, j’ai commencé à manger sans gluten de façon sérieuse pendant 2 ans, pour voir s’il y aurait une différence. Quand l’émission s’est terminée, je n’avais pas de projet. Une collègue, Marie-Josée Morin, qui est ma partenaire dans K pour Katrine, est arrivée et m’a dit Katrine, s’il y a quelqu’un qui peut faire de la bouffe sans gluten, sans produits laitiers et que ça goûte bon, c’est toi. On devrait partir un site web. Quand elle m’a dit ça, je lui ai dit es-tu tombée sur la tête! On n’est ni techno, ni photographe, comment on va faire ça? Je peux bien faire de bonnes recettes, mais les deux, nous sommes nulles en technologie!

Finalement, on a trouvé une façon de fonctionner. On a fait un petit test et on a demandé à la fille d’une amie de Marie-Josée, Juliette Bélanger-Charpentier de nous aider. Puis, on s’est dit qu’on allait faire une journée de photos, comme ça, on allait avoir du contenu pour plusieurs semaines. Finalement, ça a été positif cette journée-là, et c’est comme ça que ça a commencé! Pour faire le site, on ne voulait pas que ce soit un blog, on voulait que ce soit un vrai site web. Alors, on est allées voir des contacts en marketing et des gens professionnels pour nous faire un site qui a l’air professionnel. On a fait affaire avec des gens d’une agence qui ont fait notre super beau site web.

Et, en attendant que le site se monte, on faisait des photoshoots toutes les semaines. Quand on a ouvert le site, on avait 60 recettes! Puis, on a commencé à travailler avec Ariel Tarr, notre photographe. Ariel, je l’ai connue alors que l’on travaillait pour le magazine Must. Donc, ça a commencé comme ça. On avait un site web, une photographe… c’étaient les débuts de K pour Katrine! Une fois que l’on a mis le site en ligne, on a tout de suite ressenti qu’il y avait un besoin, les gens étaient vraiment contents!

Après le site, le magazine, les gâteaux chez Metro… à quoi peut-ton s’attendre pour l’avenir de K pour Katrine?

On aimerait développer notre ligne de produits en épicerie, alors on va beaucoup se pencher là-dessus dans la prochaine année!

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Mille bravos, vous êtes une équipe très inspirante pour les sans gluten de ce monde! Vous êtes même une lumière pour eux. Mais toi, quand tu as su que ta fille devait composer avec plusieurs allergies alimentaire, comment as-tu réagi?

Quand Margaux est née – elle va avoir 22 ans cet été – j’ai su 4 mois plus tard qu’elle était allergique aux produits laitiers et qu’on ne pouvait pas lui donner des fruits de mer. Elle était aussi gravement allergique à plusieurs aliments. C’est sûr que ce n’est pas le fun d’apprendre que son enfant a des allergies, mais j’ai toujours eu une attitude positive, dans le sens où je me suis dit que si on ne peut pas lui donner ça, on va découvrir d’autres choses. Ça n’a jamais été un arrêt dans ma création de recettes.

J’ai d’ailleurs commencé à faire des recettes pour elle et à changer des choses. Margaux est une épicurienne, elle adore la bouffe, alors elle a goûté à beaucoup de choses. Nous n’avons pas mis l’emphase sur ce qu’elle ne peut pas manger, mais sur ce qu’elle pouvait. C’est sûr qu’aller au restaurant c’était compliqué, faire des voyages aussi, mais nous, on évaluait notre part de risque, et Margaux n’a jamais vraiment souffert de ça. Elle fait des recettes avec moi aujourd’hui et je suis tellement fière, parce qu’elle a une tête créative de recettes. Elle n’a pas de restrictions dans sa tête.

C’est ça, il faut voir la cuisine avec des yeux neufs, quand on a des restrictions!

Oui, exact! Et finalement, tu t’aperçois que tu peux manger plein de choses et qui t’apportent autant de plaisir. Il faut juste arrêter de dire que c’est tellement plate de ne plus pouvoir manger telle affaire. Si tu focus là-dessus, c’est sûr que ça t’enlève du plaisir. Mais si tu ne t’arrêtes pas là-dessus, on découvre de nouvelles choses. Pour moi, l’équation est facile à faire. 

Est-ce qu’il y a justement un préjugé que tu aimerais dénoncer, concernant la nourriture sans gluten, sans lactose… voulant que ce soit sans goût?

Bien, je pense qu’en partie c’est vrai! (rires) Surtout quand tu achètes des trucs déjà faits à l’épicerie, c’est vrai que ça n’a pas l’air tout le temps bon et que ça ne goûte pas toujours bon. Mais ce que j’ai voulu montrer dans K pour Katrine, c’est qu’on peut arriver à manger des gâteaux et repas incroyables, malgré que ce soit sans gluten. C’est juste une façon de trouver des trucs de remplacement, pour arriver à une texture intéressante. Tout le monde qui vient souper à la maison (il y en a plein qui n’ont pas d’intolérance) mangent mes recettes et ils trouvent ça super bon! D’ailleurs, ils font mes recettes dans leur famille, même s’ils n’ont aucune intolérance. Je pense que c’est possible de faire de la bouffe sans gluten qui goûte bon, je crois que je l’ai prouvé sur K pour Katrine

J’approuve à 100%, tes recettes sont toujours délicieuses!

Quand je fais une recette et qu’elle s’en va sur K pour Katrine, il faut que dès la première bouchée on se dise Mmm!, c’est bon! Si ça ne fait pas Mmm!, ça ne va pas sur le site. Parfois, je fais des recettes et ça ne fait pas Mmmmm!… Alors on ne la met pas sur le site, ou on la modifie et l’améliore. 

Je dois croire qu’il n’y a pas toujours des Miam!. C’est quoi ton pire échec en cuisine?

Oh mon Dieu! Bien, moi, je trouve que quand tu essaies de faire une recette sans produits laitiers, un peu comme s’il y avait du fromage, ça ne fonctionne pas. Du vrai fromage, c’est tellement bon que si tu essaies de le remplacer, tu n’y arriveras jamais! C’est impossible, du fromage, c’est du fromage! J’ai fait des tentatives de création d’un fromage végétalien, ça n’a pas fonctionné. Aussi, l’autre fois, je voulais faire une salade grecque. On a voulu imiter le fromage feta avec du tofu, mais quand j’y ai goûté, je me suis dit non, ce n’est pas comme ça une salade grecque! Ça goûte vraiment mieux que ça!

C’est comme le pain sans gluten. Les gens me demandent souvent comment ça il n’y a pas de recette de pain sur le site? C’est parce que je sais que c’est compliqué d’avoir du bon pain sans gluten, et je n’ai pas trouvé de marque qui m’ait fait dire oh mon Dieu, c’est tellement du bon pain! Non, le pain sans gluten, c’est un compromis. Quand c’est un compromis, ça ne fait pas mon affaire. (rires)

Je vais te ramener un peu en arrière, dans tes souvenirs culinaires. Est-ce qu’il y en a un que tu aimerais partager avec nous?

Dans mes meilleurs souvenirs, ce sont des repas où l’on est à la maison, entre amis, et que tous les gens que j’aime sont autour de moi. Mais, une expérience unique d’un repas mémorable, c’est avec ma mère, à Rome. On avait trouvé une petite place qui vendait des pâtes et de la pizza. Il n’y avait pas de place pour s’asseoir, alors nous étions assises sur des caisses de liqueur. On y a mangé les meilleurs gnocchis de toute ma vie! Ça va rester gravé dans ma mémoire, le moment où je suis avec ma maman, que l’on trouve cette place-là par hasard et que dès la première bouchée, on se sent au Paradis.

Wow, ça donne le goût d’y aller!

Oui, je te le souhaite! Rome est une ville fantastique où l’on mange tellement bien.

Qu’est-ce qu’on serait surpris d’apprendre quand à l’une de tes habitudes alimentaires? 

Elle fait ça elle?! (rires) Maintenant que je suis moins intolérante aux produits laitiers et que le gluten, j’en mange à l’occasion, je suis une fan finie de beignes. (rires) Mes beignes préférés, ce sont ceux du petit marchand polonais au marché Jean-Talon. D’ailleurs, je te parle de ça et j’ai le goût d’aller m’en chercher! L’autre chose aussi que l’on ne pourrait pas imaginer, c’est que j’adore manger des chips Miss Vickie’s poivre et lime! (rires

C’est ça, il faut se gâter !

Exact!

Parlant d’aliments que tu adores, c’est quoi ton restaurant favori, celui où tu irais manger jour et nuit?

Il y a un restaurant qui est favori pour moi, parce que d’abord, je peux y aller à pied, il est à côté de chez moi, à Outremont. C’est Alma, qui est un tout petit restaurant catalan que j’adore, où la nourriture qu’on y mange et le service sont incroyables. Et, il y a une petite terrasse avec des lampes chauffantes. On dirait qu’on est ailleurs, dans un petit quartier résidentiel en Europe, mais c’est à 15 minutes de chez moi.

Es-tu plus du style sucré ou salé?

Je pense que je suis obligée de dire sucré, même si je mange beaucoup moins de sucre qu’avant, je reste avec la dent sucrée!

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Merci infiniment Katrine pour ta générosité et ton temps, ce fut plus qu’un plaisir d’avoir pu t’interviewer. J’ai découvert une femme passionnée par la nourriture, gourmande comme jamais, et qui ne se résigne pas à bien manger malgré les sans. Ce fut un réel honneur! D’ailleurs, ton équipe et toi avez réussi à atteindre un niveau d’excellence et à répondre à un réel besoin, avec K pour Katrine. Je ne vous souhaite que le meilleur!

Psssiiittt! Vous pouvez visitez le site web de Katrine, kpourkatrine.com !

Je dédie cette entrevue à ma mère, une coeliaque qui ne se laisse pas abattre par la nourriture sans gluten!

Katrine Paradis


ses adresses

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Photos: Fournies par Katrine Paradis

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Zachary Barde

Passionné de cuisine, d'écriture et de tout ce qui est beau et bon pour l'esprit, c'est avec un grand honneur que je vous livre mon magazine web, Les Zackardises ! Allez-y, fouillez, lisez, contemplez. Surtout, dégustez chaque article!

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