Entrevues culinaires: Marina Orsini

Comédienne de grand talent, animatrice hors-norme et femme bienveillante, Marina Orsini jongle avec le métier et l’amour du public depuis des décennies. Grande gourmande, Marina transmet d’ailleurs sa passion pour la nourriture de façon quotidienne, à la barre de l’émission 5 chefs dans ma cuisine. Rencontre culinaire inspirante avec une artiste accomplie que tout le monde apprécie, Marina Orsini!


Marina Orsini, quelle est ta relation avec la nourriture?

Je suis née d’une maman qui était très gourmande au départ, donc ça a fait de moi quelqu’un de très gourmand! Je suis une gourmande au sens large du terme, face à la vie, mais aussi au niveau culinaire. Pour moi, la nourriture c’est quelque chose qui a toujours été très présent, surtout venant d’une famille italienne où tout se joue autour d’une table et de la nourriture. Les Italiens préparent toujours les tomates qu’on met en conserve, des prosciuttos qu’on accroche dans la chambre froide, certains font leur propre vin… donc faire des réserves, c’est très Italien.

Quand j’étais petite, on avait une chambre froide et on y mettait des boîtes de conserve, des poivrons, des tomates en conserve. Dans ma famille, non pas chez les Orsini parce que ça c’est mon père, mais tout le côté de ma mère, qui est à Montréal, on se retrouve toujours autour d’une table et d’un repas. Pour moi, la nourriture est un moyen de rassemblement. Oui, on a besoin de manger pour survivre, mais pour moi, c’est beaucoup plus que ça.

Je suis une gourmande et il n’y a que très peu de choses que je n’aime pas. Je vais tout goûter, tout m’intéresse! Là, j’ai maintenant une émission de cuisine, carrément, et ça me tient vraiment à ravir parce que c’est quelque chose qui me plaît énormément dans la vie, manger. Je ne considère pas que je suis une grande cuisinière, mais je suis une grande curieuse.

À quel point les origines italiennes de ton père se reflètent-elles dans ton assiette?

Ça se reflète toujours! Je ne sais pas si tout le monde est comme ça, mais je refais beaucoup la cuisine de mes parents. Ce que je fais chez moi, pour mon fils, c’est beaucoup influencé par la cuisine de ma mère et de ma grand-mère, qui faisaient à manger de façon tellement extraordinaire avec presque rien. J’ai appris de femmes qui étaient passionnées par la cuisine et qui étaient aussi gourmandes.

Mon père est Italien. Il est arrivé ici à la fin des années ’50, comme beaucoup d’Italiens à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Les Italiens ont un grand apport au niveau culinaire d’ici, au Québec et au pays. Ils ont apporté beaucoup de leur savoir-faire. Ma mère a beaucoup appris de sa belle-mère, ma Nonna Maria, qui a beaucoup enseigné la cuisine à ma mère. Elle a habité avec nous quelques années. Ma mère a beaucoup repris les traditions italiennes.

On ne change pas les classiques!

Non, on ne change pas nos classiques et nos bases de cuisine! Jamais je ne vais manquer d’oignon, d’ail et d’huile. C’est un automatisme comme se brosser les dents! Tu vas à la pharmacie et tu achètes toujours un tube de dentifrice et des barres de savon, parce qu’il ne faut jamais que tu en manques dans la vie! Eh bien, c’est la même chose. Il y a des bases, comme des tomates et de la chapelure, que l’on a toujours de besoin et que j’ai tout le temps dans mon garde-manger.

Depuis quelques mois, on te voit quotidiennement à l’animation de 5 chefs dans ma cuisine. Tu y es d’ailleurs excellente. Est-ce que cette émission-là a changé ton rapport à la nourriture?

Cette émission-là a commencé dans mon émission matinale diffusée il y a quelques années. J’avais une quotidienne où on parlait de santé, de beauté, de réno-déco et on avait un segment culinaire. Pour moi, Marina Orsini était vraiment à mon image, parce que tout ce que j’aimais était représenté, dont manger et faire à manger. Déjà là, j’avais de très bonnes bases venant de ma famille, mais j’ai appris et découvert plein de choses! Et là, avec 5 chefs dans ma cuisine, c’est sûr que j’apprends plein d’affaires. Ce qui me revient tout le temps, de toutes mes expériences culinaires, c’est à quel point ce n’est pas compliqué de cuisiner. Il s’agit d’avoir les bons aliments.

Une fois que tu as ça, ce n’est pas dur de cuisiner. C’est sûr qu’il faut le savoir, mais quand je regarde tous les plats que l’on fait quotidiennement à l’émission, une fois que c’est commencé, ce n’est pas très compliqué. Il n’y a pas 24 étapes! À 90% du temps, à moins qu’on tombe dans la dentelle et la haute cuisine avec 8 services, et que l’on veut impressionner la galerie, on ne veut pas compliquer la vie des gens. On veut rendre ça accessible. Mon émission passe le matin à 11:30, donc tu peux cuisiner les recettes le soir pour ta famille.

Ça me fascine vraiment, mais c’est sûr que ça prend des ingrédients de qualité pour être à la hauteur de la saveur du plat. Quand tu as un garde-manger bien garni, à la base, tu peux faire n’importe quoi. Je me rends compte qu’il s’agit de le savoir et de le faire. Moi, je suis très visuelle. Donc, dans l’émission, je me mets à la place de ceux qui se demanderaient « Ah mon Dieu, comment on fait ça? »

D’ailleurs, dans ton émission, tu nous fais découvrir de nouvelles saveurs venant d’ailleurs. Est-ce que c’est important pour toi de faire découvrir aux gens de nouveaux horizons culinaires?

Ah mon Dieu, oui! Oui, parce qu’on se rend compte de tout ce qui existe! Je trouve que c’est tellement intéressant de sortir de notre quotidien et de nos habitudes. Si on est quelqu’un qui aime le poulet, par exemple, il y a mille et une façon de le faire cuire! Pas juste avec de l’huile, de l’ail et du romarin!

Dans l’émission, on explore également de nouvelles façons de récupérer les pelures, les fanes et les restants pour les recycler en d’autres choses. C’est méga-important pour nous de récupérer et de transformer les restes. C’est ça aussi cuisiner, de voir toutes les possibilités. Tout ça est fascinant.

C’est vrai que c’est fascinant!

C’est aussi important de démocratiser et de démystifier certains aliments. Par exemple, le tofu. Il y a beaucoup de gens qui disent que ça ne goûte rien. C’est vrai, parce que c’est une base de soya. Mais ça peut devenir tout ce que tu veux! Si toi tu aimes la menthe, les agrumes et l’huile d’olive, tu mets tout ça avec ton morceau de tofu pendant la nuit et le lendemain, tu fais cuire ça comme un steak dans une poêle. C’est une protéine, donc ça remplace la viande.

Je ne suis pas végétarienne, mais j’aime la variété dans mon menu et dans mon alimentation. Je pense qu’on sait maintenant que c’est mieux pour la santé de ne pas manger de la viande tous les soirs de la semaine. Ça prend de la variété. Et c’est ça aussi le plaisir de cuisiner.

Est-ce que tu dirais que ton métier en général t’a amené à modifier certaines habitudes que tu avais avant?

Oui, c’est sûr! J’apprends tellement à travers mon métier! Comme comédienne, peut-être un peu plus humainement, mais comme animatrice, c’est certain que j’apprends plein de choses que je garde. Des trucs pratiques, des idées pour mieux vivre, pour mieux sauver du temps, pour économiser… j’apprends tellement! Ça m’enrichis à chaque jour.

Quand tu te retrouves sur un plateau de tournage dans lequel tu es comédienne, comment gères-tu ta faim?

Ça, c’est une bonne question, parce qu’il faut faire attention! Comme on tourne de longues heures, de 12 à 15 heures par jour, à partir du moment où on se fait maquiller, il faut apporter des collations. Il faut que ce soit des collations santé, parce que tu peux passer ta journée à manger. On déploie beaucoup d’énergie, donc quand tu fais plusieurs jours, voire plusieurs semaines, tu es fatigué. Pour moi, la nourriture c’est vraiment comme du gaz. J’ai besoin de bouffe, mais je fais attention.

Je me coupe des pommes que je mets dans un petit plat en plastique, je m’apporte des noix et beaucoup d’eau. Donc, oui, il faut faire attention! Je mange mieux que je mangeais. Avant, je mangeais déjà bien, mais c’était trop. Je me rends compte que je peux tout manger dans la vie, ce sont les quantités qui vont changer la donne. J’ai perdu 20 livres dans la dernière année, ne serait-ce que par l’activité physique, le fait de mieux manger et de moins manger. En mangeant moins, il faut que tu manges mieux. Ça prends des calories qui vont te remplir et non des calories vides.

Oui un Big Mac de temps en temps avec une frite, je l’accorde, c’est super bon dans ma bouche. Mais deux heures après, j’ai faim. Ce sont des calories vides. Il faut manger du pain avec des céréales et des grains, du yogourt, du granola, des noix… Donc j’utilise beaucoup les graines de citrouille, les graines de lin, le chia, etc. Le matin, je mets des noix dans du yogourt et je tiens jusqu’au dîner avec ça. Quand tu fais les bons choix, tu as moins faim et tu engraisses moins aussi.

Je suis quelqu’un qui mange beaucoup de poisson et de poulet. Je me suis éloignée des pâtes, du pain, du riz et des patates. Ces sont des choses que je mange de temps en temps, parce que c’est très bourratif et ça fait engraisser. Et moi, ces 20 livres étaient vraiment de trop. Je transportais des livres qui, à la limite, ne m’appartenaient pas. Ça a changé ma vie dans la dernière année. Je me sens beaucoup plus en forme! Oui, j’aime ça une barre de chocolat de temps en temps, mais le soir, en écoutant mon émission préférée, je ne suis pas assise avec un sac de chips. Je vais aller me chercher des fruits, des noix, ou parfois, des biscuits avec un verre de lait!

Il faut aussi se gâter de temps en temps!

Il faut se gâter! Moi, je ne crois pas aux diètes. Je crois qu’on peut tout manger dans la vie, ce sont les quantités et la fréquence. Tu ne peux pas manger un morceau de chocolat de 8 pouces de large chaque soir de la semaine. C’est impossible, c’est clair que tu vas engraisser. Si tu prends un morceau, c’est vraiment une petite tranche, pour dire que tu as le plaisir d’en manger. Pas un morceau qui pèse un quart de livre! C’est logique, et on sait tout ça.

C’est de le mettre en pratique.

Exactement.

J’ai su que tu adorais le gâteau panettone… c’est vrai?

Oui, j’aime ça les panettones! Ça vient tellement de ma famille! Les tantes de mon père qui sont venues habiter ici faisaient des panettones maison. Chez les Italiens, offrir un gâteau panettone en cadeau, c’est quelque chose qui se fait fréquemment. D’ailleurs, très souvent, ils sont emballés dans de belles boîtes.

Le panettone, c’est bon tel quel, avec un café le matin, grillé comme des toasts… c’est savoureux!

La cuisine en général est souvent le vecteur de plusieurs beaux souvenirs. Pour toi, c’est quoi ton plus beau souvenir culinaire?

Je pense que, spontanément, ça restera toujours la lasagne de ma mère. Ma mère faisait une lasagne maison qui était justement inspirée de ma grand-mère italienne. C’est comme ça qu’elle a appris à la faire, avec les tantes de mon père aussi. C’est une pâte faite à la main, passée dans le moulinet et épaisse comme du papier de soie, disposée en plusieurs étages avec de mini-boulettes grosses comme une perle et une sauce qui prend quasiment deux jours à faire.

Ça, ça restera toujours mon plus beau souvenir culinaire à vie. C’était un vrai festin. Elle faisait ça une fois par année. Dans les dernières années de sa vie, même étant malade, elle faisait sa lasagne. Il y a un été où elle était chez nous à la campagne pour fêter la fête de mon fils. On faisait toujours une grande fête familiale pour sa fête. On a fait une lasagne ensemble, avec ma mère. Ça a été sa dernière lasagne en fait.

C’est très touchant, je compatis vraiment à la perte de ta maman. On peut avoir des souvenirs en cuisinant à la maison, mais également en allant au restaurant. Est-ce qu’il y a un restaurant qui te fait particulièrement vibrer?

Ah mon Dieu, les restaurants! Je pense spontanément au restaurant de mon ami Jérôme Ferrer, Europea. C’est un nouveau restaurant à Montréal, ouvert depuis deux ans je pense. Il est malheureusement fermé en ce moment. Jérôme est un grand chef, ça s’appelle L’expérience Ferrer en fait. C’est toujours une expérience culinaire quand je vais là!

Sinon, il y a plein de bons et beaux restaurants dans la Petite-Italie que j’aime bien fréquenter. En temps de Covid, je ne peux pas y aller, parce que tout est fermé, mais c’est mon projet de la prochaine année, de découvrir les restaurants de mes chefs. Ils sont nombreux et ont tous l’air d’avoir des restaurants extraordinaires. Je dirais donc plutôt des restaurants à découvrir. Il y en a tellement à Montréal!

C’est plaisant d’aller au restaurant, mais rien n’égale un bon plat maison! Es-tu bonne cuisinière?

Ben oui, je suis une bonne cuisinière! (rires) Mon fils aime ma cuisine. Mais comme je dis, c’est très « de base » ma cuisine. Je commence à regarder des recettes, car sinon ma cuisine en a toujours été une d’instinct, basée sur mon enfance et sur ce que ma mère et ma famille faisaient. Je suis capable de faire une bonne sauce à spaghetti à l’italienne, un bon osso bucco et un pas pire tiramisu! Mais tout ça, c’est dans la grande simplicité. Je trouve que très souvent, la grande cuisine est faite dans la plus grande simplicité.

Tu as raison.

La cuisine faite avec des aliments frais comme de l’oignon, de l’ail, de l’huile, un bon poisson avec un légume vapeur sur lequel on va mettre une sauce légère… C’est tout simple, ça n’a pas besoin d’être compliqué pour être bon.

Quand tu cuisines ou dans ton alimentation en général, apprécies-tu les plats plus salés ou sucrés?

Je dirais qu’à la base je ne suis pas une salée, mais je dirais aussi que je suis plus salée que sucrée. Je ne suis pas une bibitte à sucre. Le sucre, ça m’amène automatiquement aux desserts et je n’ai pas grandi dans une famille où on avait des desserts. Ce n’était pas une tradition chez nous. Ma dent sucrée s’est développée quand j’étais enceinte de mon fils. Avant ça, je n’étais pas vraiment une sucrée. Mais quand j’étais enceinte – mon Dieu, j’aimais tout! – j’appréciais les desserts, ça m’intéressait. Maintenant, je me contrôle, mais il n’y a rien comme une bonne crème glacée!

_

Marina, quel bonheur le plus complet ce fut de t’interviewer. Pour ton temps, ton intérêt et ta grande pertinence, je te dis merci. Puisse ta gourmandise pour la bonne table t’amener vers des contrées culinaires encore inexplorées!

Psssiiittt! Vous pouvez suivre les dernières actualités de Marina Orsini sur ses réseaux sociaux. Visitez sa page Instagram!

_

Image

ses adresses

Sinon, en ce moment, je n’ai pas vraiment d’adresses. Par contre, je veux découvrir les restaurants des chefs de l’émission 5 chefs dans ma cuisine, comme…

_

Photo de Marina Orsini: Manon Boyer

Pour d’autres entrevues gourmandes, cliquez ici!

Zachary Barde

Passionné de cuisine, d'écriture et de tout ce qui est beau et bon pour l'esprit, c'est avec un grand honneur que je vous livre mon magazine web, Les Zackardises ! Allez-y, fouillez, lisez, contemplez. Surtout, dégustez chaque article!

26 réflexions au sujet de « Entrevues culinaires: Marina Orsini »

Un commentaire? Oh oui!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.