Entrevues culinaires: Guylaine Tremblay

La comédienne chouchou des Québécois? C’est elle! Au fil des fructueuses années de sa glorieuse carrière, Guylaine Tremblay a su se démarquer par son talent inouï, son côté familial rassembleur et ses rôles marquants. De Caro Paré de La Petite Vie à ses imitations au Bye Bye 2020, en passant par Melody dans Le coeur a ses raisons, elle est, encore à ce jour, une figure importante du paysage artistique du Québec. Discussion culinaire passionnante avec une femme aux milles prix, Guylaine Tremblay!


Guylaine Tremblay, quelle est ta relation avec la nourriture?

Je te dirais que c’est une relation d’amour! Moi, je suis quelqu’un qui aime manger, je suis gourmande et j’apprécie les bons repas. Je trouve que c’est un des plus grands plaisirs de la vie.

Tu excelles en tant que comédienne dans quantité de séries populaires et hautement mémorables. Ça t’a d’ailleurs valu de nombreux prix, amplement mérités. Est-ce que la relation que tu as avec la nourriture a été influencée par ce métier-là?

C’est une bonne question! C’est sûr que quand tu étudies plein de pièces de théâtre qui se sont passées à des époques différentes, tu as le goût, une curiosité de découvrir comment ces gens-là vivaient, c’était quoi leur vie de tous les jours. Je pense que mon amour de la bonne table et du vin, par exemple, me vient de l’étude de Molière et de classiques français, où l’on parle de bon vin, de quoi de cher. Je n’ai jamais pensé à ça, mais ça a probablement influencé ma relation.

Un métier ultra-médiatisé comme le tien apporte beaucoup d’avantages, mais aussi certains inconvénients. Parfois, des gens ont un certain contrôle de leur image et de la nourriture qu’ils peuvent manger. Est-ce que toi tu as déjà souffert de ça?

Non, je te dirais parce que moi, de toute façon, je considère que j’ai une bonne alimentation. Donc, je ne suis pas la fille qui va manger du fast-food, peut-être une fois par année, en allant à la campagne! Ça ne fait pas partie de mon alimentation, et je ne veux pas embarquer là-dedans non plus. Le regard des autres sur soi quand tu es connu, c’est sûr que si tu te laisses happer par ça, tu vas devenir prisonnier, mais pas juste dans ta façon de manger! Moi je considère que j’ai une bonne alimentation, je respecte mon corps et je me nourris bien, donc je n’ai pas de problème avec ça.

Sur le plateau d’une série que tu tournes habituellement, comment est-ce que tu t’alimentes? Est-ce que tu prépares tes lunchs?

Tu vois, quand on tourne sur des plateaux habituellement, il y a un traiteur et quelqu’un qui est là pour les collations. En général, les derniers plateaux que j’ai fait, on demande à ce que ce soit de bonnes choses qui soient servies, pas de chips, pas de bonbons et de trucs comme ça, parce que pour nous autres, ce sont des calories vides. Ça ne donne pas d’énergie pour travailler. Les journées de tournage sont très longues (12 heures), c’est pourquoi on privilégie les noix, les légumes… du bon carburant pour notre corps!

Si on tourne pendant 50 jours et qu’on se met à manger des chips et des bonbons, peut-être qu’on ne rentrera plus dans nos costumes! (rires)

C’est certain! Est-ce que tu dirais que tu es plus à l’aise avec la caméra qu’avec le rouleau à pâtisserie?

Oh, je suis définitivement plus à l’aise avec la caméra! (rires) Ça c’est sûr, sûr, sûr!

Dernièrement, on a pu te voir aux côtés de Josée Deschênes, une bonne amie à toi, dans la série Le Phénix, qui suit vos traces dans un périple en VR. Est-ce que tu as déjà voyagé auparavant?

Oui, j’adore voyager, mais avec la COVID, évidemment, je n’ai pas vraiment voyagé cette année, mais j’adore cela. Une des grandes joies du voyage, c’est de découvrir d’autres cultures. Ça fait partie du voyage, et c’est même une des choses importantes; où on va manger, qu’est-ce qu’on va découvrir. Chaque pays a ses particularités! J’ai des souvenirs impérissables de nourriture en Italie, en Grèce aussi, en France… C’est la joie du voyage!

Est-ce que tu as justement déjà fait une belle découverte culinaire lors d’un voyage?

Ah mon Dieu, oui! Quand tu vas en Italie, tu te rends compte que leur nourriture n’est pas tellement compliquée. Je ne sais pas par quel miracle les Italiens y arrivent, mais tu vas demander une pâte (il y a trois ingrédients dedans, des olives, des câpres et des anchois) et l’huile qu’ils prennent est extrêmement bonne, tout est frais… Ça arrive dans ton assiette, tu goûtes à ça et tu ne comprends pas pourquoi ça peut être si bon! (rires)

En Grèce, j’ai mangé divinement de l’agneau et de la moussaka. C’était tellement bon. Tu te rends compte que quand les produits sont frais, tu ne peux pas manquer ton coup.

Surtout quand c’est fait par des professionnels!

Ce qui est fou en Italie, c’est que dans n’importe quel restaurant, même les plus petits où tu t’arrêtes, c’est bon.

Nos visites dans les restaurants nous amènent à créer de sublimes souvenirs que l’on chéris toute notre vie. Toi, c’est quoi le plus beau souvenir gourmand que tu vas toujours garder?

Ah mon Dieu! Il y a aussi notre nourriture d’enfance qu’on garde précieusement. Ma mère faisait un macaroni à la patte de porc, je ne peux pas te dire comment c’était incroyable et bon! Le bouilli de ma mère, la sauce à spaghetti de ma mère… ce sont des goûts d’enfance que tu ne perds jamais. Même que c’est rassurant de regoûter à ça. D’ailleurs, j’ai dit à ma maman que j’aimerais qu’elle écrive ses recettes, qu’elle me laisse ça en héritage. Mais comme toutes les mères québécoises, elle m’a dit « je ne sais pas trop, j’y vais à peu près! » Ma mère fait super bien à manger, ça a développé tous mes goûts culinaires par la suite.

On le sent tout de suite, la famille est quelque chose de très important pour toi. Ton talent y est vraiment pour beaucoup, mais c’est sans doute à cause de tes puissantes valeurs familiales que tu as autant d’amour du public. Cet amour que tu as pour la nourriture, est-ce que ça vient de ta famille?

Oui, parce que la nourriture dans ma famille, c’est le rassemblement. Manger tout seul, ce n’est pas la même affaire que de manger avec des gens que tu aimes! Moi j’ai été élevée dans une famille où il y avait toujours de la nourriture et de la place à accueillir du monde pour partager un repas ensemble. La nourriture est un signe de fraternité, de chaleur humaine. Ce n’est pas juste le fait de s’alimenter pour ne pas mourir, c’est aussi partager et avoir du plaisir, parler… c’est tout ça!

Quand tu étais plus jeune, ta grand-mère vivait avec vous. À quel point ça a changé ta perception de la nourriture et comment tu cuisines au quotidien?

J’avais deux formidables cuisinières chez moi, ma mère et ma grand-mère, (rires) donc c’est sûr que j’étais vraiment gâtée! Je voyais l’amour et la passion quand elles cuisinaient pour nous nourrir. Non, je n’ai pas grandi avec de la bouffe industrielle ou des trucs comme ça, tout était fait maison. Je le dis et le redis à mes filles, quand c’est fait maison, c’est toujours meilleur pour la santé, au goût et c’est plus économique. La bouffe industrielle, je pense que ça a causé beaucoup plus de torts que de bienfaits.

Est-ce que ça te vient de ta grand-mère, ton amour pour les choux à la crème?

C’est probablement une recette que ma grand-mère faisait, mais que ma mère a fait après. Les choux à la crème maison, c’était incroyable, parce que moi, je n’ai vraiment pas une dent sucrée, mais ça, c’est le seul dessert (une pâte à chou, de la crème fouettée et une sauce au chocolat) maison qu’elle faisait que j’adorais. Ça remplaçait, pour moi et mon frère, les gâteaux de fête. On préférait avoir ça qu’un gâteau.

C’est passe-partout, ce n’est pas trop sucré, c’est bon!

Oui, c’est ça! C’est le parfait dosage de sucre. Pas pour moi, les gros gâteaux remplis de crémage… je n’ai pas la dent sucrée!

Tu as donc plus la dent salée?

Oh oui! Sel, vinaigre, citron (rires), toutes ces affaires-là, j’aime beaucoup!

En tout cas, là, c’est certain, on ne peut pas se réunir entre amis et avec la famille pour partager un repas. Mais tu vas être d’accord avec moi pour dire qu’une soirée au restaurant, ça peut vraiment être magique. Lequel est ton préféré?

Le restaurant où je vais le plus souvent, c’est L’Express à Montréal, sur la Rue St-Denis. C’est un restaurant où je vais depuis 30 ans. Le menu ne change pas, et j’adore ça. Il y a des classiques! Par exemple, quand j’ai envie de manger un saumon à l’oseille ou des raviolis, c’est à L’Express que je vais en manger. Le service est bon, c’est convivial… c’est toujours une belle soirée pour moi d’aller là! C’est toujours un grand bonheur.

C’est aussi un grand bonheur de manger à la maison! Cuisines-tu de temps en temps?

Oui, je cuisine parce que j’ai des enfants. À partir du moment où tu as des enfants, tu n’as pas le choix de cuisiner, ça c’est sûr. Je ne trouve pas que je suis une grand cuisinière, mais je me débrouille bien et mes enfants ont l’air de ne pas s’en plaindre! Mais je ne suis pas Josée di Stasio ou Ricardo, admettons!

C’est quoi ta plus grande réussite en cuisine?

L’osso bucco que je fais est quand même bien, je fais un bon tartare de saumon (rires) et la sauce à spaghetti, je fais toujours celle de ma mère! On essaye beaucoup de trucs, des recettes et on varie les viandes et les plats végétariens. C’est toujours une exploration la cuisine!

Est-ce que tu serais prête à adopter le mode de vie végétarien?

Pas au complet, mais nous avons beaucoup diminué notre quantité de viande. Quand j’étais jeune, on mangeait de la viande deux fois par jour, mais là ce n’est plus ça. Mais être complètement végétarienne, non, je ne serais pas prête.

Quand tu cuisines, est-ce que tu aimes ça varier les saveurs provenant d’autres pays?

Oh oui! J’aime essayer d’autres épices, d’autres herbes et d’autres goûts! Ça fait partie du plaisir de l’exploration de la cuisine!

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Merci infiniment Guylaine Tremblay d’avoir accepté l’invitation, ce fut pour moi un énorme plaisir que de t’avoir interviewé. Que tu te sois ainsi prêtée au jeu d’Entrevues culinaires, je t’en suis vraiment, grandement reconnaissant. J’ai plus qu’adoré découvrir la facette culinaire de ton inoubliable personnalité. Ce fut un honneur des plus grands.

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ses adresses

« Oh mon Dieu (rires), écoute, il y en a tellement de bonnes adresses à Montréal, c’est incroyable! D’ailleurs, j’ai une pensée pour eux, pour tous les restaurateurs du Québec, parce que c’est très difficile présentement. » – Guylaine Tremblay

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Photo de Guylaine Tremblay: Julien Faugère

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Zachary Barde

Passionné de cuisine, d'écriture et de tout ce qui est beau et bon pour l'esprit, c'est avec un grand honneur que je vous livre mon magazine web, Les Zackardises ! Allez-y, fouillez, lisez, contemplez. Surtout, dégustez chaque article!

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