Entrevues culinaires: Pénélope McQuade

Animatrice adulée, militante assumée, Pénélope McQuade a su, grâce à sa personnalité colorée, se tailler une place de choix auprès du coeur des Québécois. Si ses sublimes looks et son nécessaire franc-parler ont parfois été critiqués par de mauvaises langues, cette femme forte ne s’est pas laissée abattre, jamais. Son style d’animation hors du commun et ses entrevues dignes d’intérêt font d’elle une artiste qui rayonne de succès, à la fois à la télé et à la radio. Entretien gourmand avec celle qui cumule plus de 27 ans de carrière, Pénélope McQuade!


Pénélope, comment décrirais-tu ta relation avec la nourriture?

Ahh!, moi je suis gourmande, gourmande, gourmande! Mon plus grand plaisir dans la vie, c’est vraiment de passer de longues soirées au restaurant, facilement de 3, 4, 5 heures, avec ma mère ou mon père. J’ai aussi des amis qui aiment vraiment ça passer de longues soirées au restaurant. Mon plaisir, c’est d’essayer un nouvel endroit à chaque fois. J’ai quelques grands classiques, mais généralement, quand il y a un restaurant qui ouvre à Montréal, j’essaie d’aller voir un peu. Je suis très curieuse de la nourriture! Je suis quelqu’un qui aime beaucoup explorer, qui aime manger des choses que je n’avais jamais mangé avant. J’ai un rapport très amoureux avec la nourriture, je suis une gourmande!

D’ailleurs, tu as voyagé partout dans le monde! Est-ce qu’il y a une découverte culinaire qui t’ait plus marqué?

Quand je suis allée au Japon, à Tokyo. C’est une ville où les choses ne sont pas beaucoup écrites en anglais. Par exemple, quand tu vas au restaurant, les menus sont très rarement en anglais. Tout est écrit en japonais. Il y avait quelques photos pour que je puisse pointer des choses, mais je n’avais vraiment aucune idée de ce que je mangeais la majorité du temps. Une soupe qui ressemble à des ramens avec de la viande à l’intérieur, je n’avais aucune idée de ce que c’était!

J’ai mangé des choses dans des coquillages; je savais que c’étaient des fruits de mer, mais je n’avais AUCUNE idée c’était quoi à l’aspect visuel, ni au goût! (rires) Ça a été mon voyage le plus déstabilisant sur le plan de la nourriture. Le voyage le plus fun, c’était en Thaïlande. Ici, on a des camions de cuisine de rue depuis quelques années, mais on n’a pas vraiment ça, cette culture d’avoir de petits kiosques ou de petits chariots dans la rue, où tu peux manger n’importe quoi.  En Thaïlande, il y en a partout. Tu peux prendre un Pad thaï, des brochettes, des nouilles sautées, de grands sacs de fruits, toutes sortes de salades…

À Bangkok, tu peux manger 24 heures par jour, les restaurants sont tout le temps ouverts! Souvent, ça m’arrivait d’aller manger une soupe vraiment épicée à 2-3 heures du matin. Pour moi, c’est un des voyages où, sur le plan de la nourriture, c’était vraiment agréable. 

Merci beaucoup de partager ça avec nous, ça donne le goût d’essayer de nouvelles choses!

(rires) De voyager et d’essayer des affaires, hein!

À ce propos-là, la mémoire culinaire, est-ce que tu aimerais partager avec nous ton plus beau souvenir gourmand?

C’est vraiment étrange, je vais te raconter ça! Mon souvenir est relatif à l’accident de voiture que j’ai eu il y a 11 ans. J’ai été à l’hôpital pendant plusieurs mois, et j’ai été aux soins intensifs pendant plusieurs mois. J’étais juste nourrie à l’intraveineuse, avec des solutés liquides. Je n’avais pas de nourriture solide pendant la première semaine. Le premier repas que j’ai mangé aux soins intensifs, c’est un repas de la cafétéria de l’hôpital. C’était du jambon. Pour moi, c’était la meilleure chose au monde!

Je sais que pour la majorité des gens, les repas d’hôpitaux sont leur pire cauchemar sur le plan de la nourriture! Moi, quand j’étais petite, il y a eu une période où je ne voulais rien manger du tout. Ma mère me faisait manger du jambon, parce que c’était la seule chose que j’aimais. J’en ai mangé trois fois par jour, pendant un an. Je ne voulais RIEN savoir des autres choses, donc elle me faisait du jambon en tranches, du jambon haché, au sirop d’érable, cuit dans le four… Encore aujourd’hui, c’est l’aliment le plus réconfortant pour moi, une tranche de jambon.

Mon souvenir gustatif est à la fois relié à mon enfance et à mon accident, parce que c’était comme si la vie m’avait dit «Tu as tellement besoin de réconfort pour ton premier repas après ton accident, la vie t’envoie du jambon! » (rires) Ma mère, évidemment, ça lui a beaucoup fait rire, mon père aussi, qui disait «Qui va s’extasier devant du jambon de cafétaria d’hôpital?»

Tantôt, tu me parlais de ta relation avec la nourriture, mais est-ce que ton métier d’animatrice a influencé cette relation-là? 

Je ne sais pas si ça a influencé, mais par exemple, quand j’animais Salut Bonjour Week-End, on avait un chef qui venait et faisait toujours une recette. Alors, c’est sûr que j’ai découvert des trucs. C’est là que j’ai commencé à m’intéresser aux vins, avec le sommelier Philippe Lapeyrie. C’est sûr que c’est lui qui a remplit mon cellier pour la première fois! Si je ne l’avais pas rencontré, mon rapport aux vins serait différent.

Je ne suis pas une grande cuisineuse. Je n’ai pas de famille, j’habite toute seule, donc ce n’est pas super le fun  de faire la cuisine. J’ai déjà pris des cours de cuisine, mais je n’ai pas beaucoup l’occasion de mettre tout ça en pratique. Et je ne trippe pas tant que ça sur la cuisine honnêtement, mais j’ai appris plusieurs trucs, et, comme je suis une gourmande, j’étais tout le temps en train de goûter à des affaires! Je pense que je mangeais autant de légumes que j’en coupais! Après ça, sur mes autres émissions, j’ai pu interviewer des chefs, donc j’ai pu parler de gastronomie avec eux, de l’état des restaurants. La gastronomie et la nourriture, ça parle beaucoup par les artisans qui la font.

En ce moment, c’est sûr que ces artisans-là sont en péril, beaucoup de restaurants risquent de fermer. Je le faisais déjà, mais depuis le début de la COVID, j’essaie vraiment d’encourager les restaurants québécois. D’ailleurs, cet été, je voulais aller à Kamouraska, voir une chef vraiment réputée qui s’appelle Colombe St-Pierre, mais elle a décidé de fermer son restaurant pour l’été. Elle offre donc les commandes pour emporter, à cause de la COVID. Je trouvais ça un peu loin aller à Kamouraska pour une commande à emporter (rires), donc je vais attendre à l’année prochaine et passer un peu de temps là-bas.

On sent ton côté militante, quand tu dis que tu veux encourager les restaurants locaux le plus possible. Est-ce que tu soutiens ou décourage une certaine pratique alimentaire dans ta vie quotidienne?

C’est sûr que tout ce qui est privation d’aliments, se priver de manger des aliments par peur d’engraisser. Mais c’est certain que de ne pas manger d’aliments à cause du diabète, par exemple, ça, c’est une autre affaire. Mais voir la nourriture comme une récompense, ou comme une privation, je peux très bien comprendre, ça m’est arrivée de le faire. On a des rapports qui sont troubles face à la nourriture dans la société moderne. Je pense que l’on a un rapport amour/haine avec la nourriture, parce que les aliments gras, salés et sucrés ont longtemps été associés avec une récompense, une détente. Après une grosse semaine chargée, une bonne poutine… 

On a un rapport à la nourriture qui fait qu’il y a «de mauvais aliments» que l’on ne devrait pas manger souvent, seulement comme récompense. Alors c’est sûr que cette façon de voir la nourriture comme bonne ou mauvaise, j’aimerais que ça n’existe pas, parce que je pense que ça cause beaucoup de tort aux personnes. Ça fait un rapport à la nourriture qui n’est pas équilibré, pas sain. Je pense que tout se mange avec modération. Je prône l’équilibre et je n’encourage évidemment pas voir la nourriture comme quelque chose de mauvais ou bon, dans le sens de privation et de récompense.

Merci beaucoup Pénélope, tu es très inspirante. Plus récemment, c’est à la radio que tu inspires les gens et que tu exerces ton métier d’animatrice, à Pénélope, sur ICI Première. Dans cette émission-là, comment gères-tu ta faim?

(Rires) Très bonne question! Moi, je n’ai pas faim tout de suite en me levant le matin. C’est rare que je mange, à moins d’avoir soupé tôt la veille. La fin de semaine, j’essaie d’écouter ma faim et de ne pas trop attendre avant de manger. Mon horaire à la radio et à la télé est très différent. À la télé, on dirait que c’était très compliqué de manger à des heures régulières, parce qu’on dirait que tout allait plus vite et était plus intense. Une journée de tournage, ça allait vite. J’avais de gros horaires et j’avais de la difficulté à trouver un moment où manger, au moment où j’avais faim. 

Je fonctionne de la même façon à la radio qu’à la télévision, c’est-à-dire que le lundi, un traiteur vient me porter des plats cuisinés pour la semaine. Comme ça, aussitôt que j’ai faim, j’ai quelque chose dans mon frigo qui fait la job. Je n’ai donc pas à me poser la question Qu’est-ce que je mange? Sinon, il faut que je sorte de Radio-Canada, que j’aille à la cafétéria… J’ai appris que, si je n’avais pas la nourriture sous la main, j’aillais sauter des repas facilement. J’ai plus de temps à la radio pour manger régulièrement.

Généralement, ce que je fais, quand j’ai faim le matin, je mange une toast au beurre de peanut, un café avec du lait et un fruit. Si je n’ai pas faim, je vais amener avec moi des muffins commandés qui sont super nourrissants, qui viennent d’une boulangerie pas loin de chez moi. J’en amène systématiquement un avec un légume ou un smoothie, et je vais manger ça en deux parties. Je vais boire mon smoothie en arrivant au travail à 8 heures, et pendant les nouvelles, à 11 heures, je vais manger mon muffin, mon fruit. Sinon, je mange pendant l’émission, quand il y a une pause. Comme ça, je ne suis pas affamée après l’émission. C’est comme ça que je gère ma faim! Aussi, j’ai toujours quelque chose pour mon souper dans le réfrigérateur, à portée de main.

Depuis tantôt tu me parles de jambon, de muffins, d’érable, de lait… Est-ce que tu souffres d’une allergie ou d’une intolérance alimentaire?

Non, je suis très chanceuse! Je serais malheureuse si je ne pouvais pas manger quelque chose, surtout si c’était une allergie à quelque chose que j’aime. L’allergie aux oeufs, ça ne me dérangerait pas, parce que je n’aime pas tellement les oeufs, mais allergique aux mangues ou intolérante au lait, je trouverais cela beaucoup plus difficile. Je mange beaucoup de fromage et de produits laitiers.

Je n’ai aucune intolérance et il n’y a pas grand chose que je n’aime pas, à part peut-être le foie. Le foie de veau, je n’aime vraiment pas ça! (rires) Mais sinon, il y a plusieurs choses que je n’aimais pas quand j’étais jeune, mais que maintenant j’apprécie. Au fil des années, j’ai rencontré des gens qui travaillaient dans les meilleurs restaurants, où ils apprêtaient les choses différemment. Aussi, la cuisine a évolué. Ça aide à mieux aimer l’alimentation quand on connaît des gens qui savent bien apprêter les aliments.

Tu es vraiment chanceuse! Mais l’es-tu autant derrière les fourneaux? Quel plat rates-tu le plus souvent?

(Rires) Avoir la bonne cuisson du steak! Je ne suis pas capable, c’est toujours trop cuit! Les poissons aussi, je les fais toujours trop cuire. Je pense que j’ai vraiment un problème de cuisson! J’ai de la misère à me retenir les deux, trois dernières minutes où je devrais éteindre le rond ou fermer le four, pour laisser la nourriture finir sa cuisson. J’ai un mauvais timing, donc je rate systématiquement les pièces de viande, le poisson et la volaille. C’est tout le temps trop cuit, trop sec. 

Ça doit t’inciter à aller davantage au restaurant, je me trompe? Lequel est ton préféré? 

Mon restaurant préféré s’appelle Tiradito. C’est le mélange d’un restaurant péruvien et japonais, une cuisine que je n’avais jamais rencontrée dans ma vie. On y sert beaucoup de ceviche, de poissons légèrement cuits dans du jus de lime avec du poivron et lait de coco. C’est délicieux! Il y a beaucoup de plats à partir de poissons, mais aussi des repas péruviens à saveur asiatique. On y sert aussi des tacos d’inspiration japonaise, du homard et une pomme de terre, dont j’ai oublié le nom, mais qui est beaucoup utilisée dans la cuisine sud-américaine. Il y a également beaucoup de petites bouchées et de plats cubains. 

C’est un grand restaurant, mais tout le monde est assis au comptoir, autour des cuisiniers. Il y a un esprit de fête qui s’installe tous les soirs. J’aime beaucoup y aller. 

Dirais-tu que tu es davantage du style sucré ou salé?

Ohhh salé! Je dirais que je suis plus du style salé, sauf pour le sucre à la crème. Si on est dans un restaurant et qu’il y a des desserts, et que des gens m’en offrent, c’est bien rare que je vais me laisser tenter, parce que je suis trop pleine d’avoir mangé. Mais s’il y a du sucre à la crème, je ne suis pas capable de m’en priver. Sinon, je suis vraiment une fille de nourriture salée. Je suis une fille de chips au ketchup, de chips au vinaigre, de pizzas, de sauce soya, de mets asiatiques… vraiment les choses très très salées! Tout ce qui est salé, AH mon Dieu j’aime vraiment trop ça! (rires)

Merci de tout coeur Pénélope de t’être prêtée au jeu d’Entrevues culinaires, je ne peux qu’être reconnaissant à ton égard. Ton horaire radiophonique étant chargé, comment ne pas te remercier pour ta générosité? Par ailleurs, je te souhaite de découvrir encore plus de saveurs du monde!

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ses adresses

  • Grumman’78. La propriétaire du restaurant, c’est aussi elle qui a créé l’Association des restaurateurs de rue. C’est une personne qui est vraiment très impliquée dans la restauration à Montréal. Le Grumman’78, c’est comme la haute-tension si tu veux des camions de tacos. Eux, ils se promènent beaucoup avec leur camion dans les festivals, mais ils ont aussi un endroit, je pense que c’est dans un vieux garage automobile, dans l’Ouest de la Ville, et ils y font de sublimes tacos de toutes sortes. Grumman 78, 630 Rue de Courcelle à Montréal.
  • Dans mon quartier, il y a un restaurant qui s’appelle Hélicoptère et à côté, le Café Hélico. Les menus du Café et du restaurant sont différents le soir, et c’est TELLEMENT bon! C’est vraiment une cuisine nouvelle, super fraîche, avec une belle carte de vins natures. Ce sont de jeunes propriétaires qui ont ça et je les encourage beaucoup ces temps-ci. Avant la pandémie, quand j’avais des entrevues avec des médias ou des rencontres d’affaires le jour, je les faisais au Café Hélico. Hélicoptère, 4255 Rue Ontario E. à Montréal. Café Hélico, 2009 Avenue de la Salle à Montréal. 

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Photos: Pénélope McQuade (couverture): Lawrence Arcouette / Pénélope McQuade (fond pâle): Jorge Camarotti

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Dans Entrevues culinaires, vous découvrirez le côté gourmand, délicieux et culinaire des multiples invités de Zachary Barde, dans une formule gustative constamment renouvelée.

Zachary Barde

Passionné de cuisine, d'écriture et de tout ce qui est beau et bon pour l'esprit, c'est avec un grand honneur que je vous livre mon magazine web, Les Zackardises ! Allez-y, fouillez, lisez, contemplez. Surtout, dégustez chaque article!

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